La chute
Je suis tombée sur la route. Une douleur fulgurante me déchirait les jambes. Je voyais l'asphalte gris, tout près de mon visage. Il s'en dégageait une odeur de poussière.
Je levai la tete et devant moi se déroulait l'horizon quotidien de nos compagnons à quatre pattes. Le bord du trottoir était haut et proche, les roues des voitures en stationnement, les jambes et les pieds des êtres chers qui ne me reconnaissaient pas alors que j'attendais le secours d'une main aimante.
Tout à coup, j'étais devenue un chien. Les exclamations et les cris des personnes qui se regroupaient autour de moi m'étaient devenus étrangers et je faisais miennes les mille et une odeurs qui s'élevaient de l'asphalte.
C'était magique. Tout était dans la route. Ma vie était dans la route.
C'était à Pau, il y a quelques années de cela et tout était préférable aux affrontements, au mur de l'incompréhension qui accompagnait mon quotidien et qui avait fait de moi, au fil des années, une écorchée vive.
Par Donibane, Mercredi 8 Fevrier 2006 à 10:05 GMT+2 dans Divers (article, RSS)



