Blues
Comment peut-on revivre après un raz de marée ?
Vingt ans effacés.
Un visage, une silhouette, une voix s'estompent.
Où sont passés mes objets familiers ? Les meubles ont été disséminés, vendus, bradés, donnés, aux quatre ponts cardinaux. Mes chers objets, cadre de notre vie qui me paraissait si inutile au fond de mon désespoir. Maintenant, je n'ai rien à rassembler autour de moi si ce n'est une poignée de rescapés ici et là, qui me reparlent du passé. Les icones de Bulle, le crucifix de mon enfance, la croix de ma communion et la croix d'ivoire qu'Il avait sauvée alors qu'elle allait etre oubliée en Sierra Leone et les photos, au fond d'une malle.
J'ai du mal à vivre avec cette blessure qui se réveille par moments.
Meme si j'ai été si mal aimée, si mal comprise, si moi aussi je l'ai mal aimé et mal compris.
Il faut laisser le temps au temps.
Il faut laisser le vent oublier la maison de la lande.
Il faut laisser la vigne repousser sur les ruines.
Les oiseaux sont toujours là. La lune ronde, l'étang et la chouette qui hululait en été sont restés dans le vignoble.
La poussière sera balayée par les vents.
Dust to dust....
Par Donibane, Lundi 13 Fevrier 2006 à 09:36 GMT+2 dans Divers (article, RSS)



