Donibane

Aburi

TITRE_IMAGEIl existe près d'Accra, des collines oùl'on accède par une petite route sinueuse pareille à celle qui gravit les rouges flancs des Maures et de l'Esterel. C'est le paradis terrestre, un micro climat de fraîcheur dans la touffeur tropicale. Des petites chapelles érigées par les missionnaires qui fuyaient la plaine paludéenne auxquelles on accède par la forêt, en contournant les racines d'arbres gigantesques et séculaires, en suivant de petits sentiers de chèvres bordés d'hibiscus et de bougainvilliers qui chantent de couleur. Et puis, au détour d'un sentier, il y a un petit apatame. Joe, avec son chapeau de coupeur de cannes sur la tete, sa barbe de trois jours de forestier hirsute, y sert le vin de palme fraichement recueilli dans des calebasses de toutes tailles. Il soulève une imposante dame jeanne et verse le liquide laiteux dans la calebasse que je tiens religieusement avec les deux mains. On ne la pose pas, son fond arrondi ne le permettrait pas, on boit, on déguste la fraicheur du vin de palme, alors que le soleil miroite entre les feuilles des arbres et que les chants des oiseaux omniprésents et les cris des betes se font plus nets. Je me souviens de ses pieds nus dans ses sandales de cuir, solidement campés sur un rocher, de ses dents étincelantes dans le soleil... tandis que la torpeur du vin de palme m'envahissait, rampait et s'enroulait autour de moi comme un reptile arboricole... Aburi, végétation des premiers ages..

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