Le loa
Le rythme des percussions.
La foule
La nuit
Les odeurs des préparations culinaires, de la viande grillée et le parfum subtil et pénétrant des fleurs au crépuscule.C'est la Cérémonie. Les cotonnades multicolores et le blanc si blanc sur un fond de peaux sombres. L'éclat passager d'un bracelet, d'un regard perçant ou d'un rire dans la nuit . Et ce rythme d'abord souple, feutré, comme la démarche d'un grand fauve, puis de plus en plus heurté, syncopé, entraînant avec lui tout se qui se trouve sur son passage. Je m'accroche aux résonnances de ce cyclone et vaincue par l'appel des "big drums", je cède et je m'envole, je tourbillonne avec la foule qui m'entoure, je me fais paysage, je deviens morceau de ciel et je rejoins les étoiles, très haut, très loin. Je suis la Croix du Sud. J'assiste aux offrandes et aux libations, une petite plume blanche se pose doucement sur mon visage et c'est la présence du Loa qui s'impose. Je suis une autre, plus forte, plus sagace, infatigable. Je vois à travers ceux qui m'entourent et je lis dans leurs âmes. Je suis désarticulée par cette puissance, écrasée et terrifiée et je me liquéfie en ondes sonores des grands tambours. Le Loa avait décidé ce soir là de me transmettre sa force, une infime partie de sa grande puissance et de m'imposer en même temps le respect de la Tradition et de cet au-delà que les mortels ignorent. Je garde son empreinte à ce jour et je me souviens...Par Donibane, Mardi 11 Avril 2006 à 09:42 GMT+2 dans Divers (article, RSS)



