Donibane

Stand by your man.....


Je me souviens de cet hiver là, lorsque la chaudière avait cessé de fonctionner, qu'il était cloué au lit dans le bureau par sa jambe blessée et que nous dormions autour de la cheminée, comme dans la grande pièce d'un donjon moyennageux, bêtes et gens sous les couvertures empilées pour garder la chaleur.

Cendrillon, je ravivais le feu deux fois par jour et je tenais allumés deux réchauds à alcool... et j'espérais... qu'il retrouverait l'usage de sa jambe... qu'il redeviendrait comme avant l'accident... comme avant.....

Un soir, la douleur a été moins forte et nous avons tous pu regarder un film : Le Chevalier Blanc.....
Il a ri et j'ai revu dans ses yeux l'étincelle d'autrefois....

Je me suis dit que nous étions sauvés... que nous étions sur la bonne voie....

Combien je me trompais....

Il est devenu peu à peu tyrannique, acariâtre... Il en voulait au monde entier... Tant qu'il incriminait l'univers, c'était à peine supportable, mais ça l'était. Et un beau jour, il m'en a voulu.....

Et un hiver, je me suis retrouvée seule dans la grande maison...  où je devais rester, pour qui ? Pour quoi ?

Et j'ai craqué... Alors, le Chevalier Blanc est venu de l'Océan, il a recollé les morceaux de ma vie tant bien que mal et m'a emportée avec lui, en l'espace de quelques mois dans le tourbillon de gaité et de musique du Pays Basque et j'ai accepté de le suivre. C'était lui ou la grande main tendue de Baron Samedi.......


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