Donibane

Pax

Je dois faire la paix avec l'automne, la lumière qui s'auréole de brouillard, le soleil qui descend, les jaunes et les roux qui envahissent la nature.

Ainsi va la vie, "you know what I mean, jelly bean!"

Je range tout dans une malle et j'entoure chaque souvenir dans un batik indigo qui fleure bon le camphre comme les nappes de dentelles surannées, les moires chatoyantes, les renards argentés de Tante Jeanne, comme les pagnes de Mama.

L'enfance des filles, la chaude Afrique, Londres, la maison de Doudouce et son halo de cire et de propreté, Pauillac et sur la lande, ton sourire éclatant...

Il faut dire adieu à tout ça maintenant...  la roue tourne et le temps égrenne les secondes une à une...

Lumière, reste, je ne veux pas que tu t'éteignes..

Combien ce voeux est dérisoire dans le grand tout qui ne renvoie aucun écho.

Vertige métaphysique, larmes qui s'écrasent sur le bois du bureau comme une pluie d'orage, mots d'autrefois qui tournent et se heurtent aux murs avant de s'envoler par la fenêtre ouverte et d'être avalés par les hurlements des scooters et le ronronnement des voitures dans la rue ...

 

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