Twinkle twinkle little star.....
Brille, scintille, petite étoile... je me demande où tu es...
J'ai reconnu tes yeux, et dans tes yeux j'ai lu tant de choses non dites, ta joie de nous voir tous, ton amour sans limite et aussi ton effroi, ta peur du grand vide.. ce n'était pas un appel au secours mais juste un message, l'espace d'une fraction de seconde. Tu dis les choses avec le velours de tes yeux, à pas feutrés comme un chat délicat. "Ne pleurez pas mes enfants, je n'ai pas mal"
"Timelou, lamelou.. chantez avec moi mes enfants, je veux entendre vos voix, celles de la vie de la gaieté et de l'amour... " Comment est-ce possible alors que nous sommes sur un champ de bataille et que le seul appel que silencieusement nous hurlons est "Maman!" ? Toutes les cinq, à l'unisson, comme des oiseaux hors du nid !
Les noirs savent chanter la tristesse profonde. Nous sommes anéanties et nous ne pouvons pas chanter. Je vais demander à Mahalia de te transporter sur sa voix de velours, jusqu'à la plus haute pièce, "the upper room where Jesus is".
Nous resterons sur le quai à te regarder partir, légère, sans souffrance, auréolée de lumière dans l'arc en ciel de nos sourires dans un rideau de larmes.
Nous ne pouvons pas être gaies.
J'ai peur que le 30 septembre, on vienne te chercher, ce n'est pas Baron Samedi, non, il te ferait peur, mais c'est le Roure, dans son plus beau costume, son costume gris des jours de fête qui te tendra la main . Il te dira : "Tu en as mis du temps à quitter les filles. Raconte.. j'ai besoin de t'entendre dire le bonheur même si d'ici, je sais tout."
Par Donibane, Dimanche 28 Septembre 2008 à 13:30 GMT+2 dans Divers (article, RSS)



