Donibane

Le puits

Le grand âge est un puits d'où l'eau s'évapore et se retire au tréfond des êtres. Que reste-t-il de nous quand tout est parti ?

 

Le souvenir, des actions que l'on mène comme si l'on était encore guidés.

 

De pauvres mots, si ordinaires, surgis du temps : "Fais attention ! Ne prends pas froid ! Travaille !", surgis du temps, qui effleuraient nos têtes blondes, les agaçaient même, et qui aujourd'hui, prennent toute leur dimension d'amour.

 

Les absents demeurent, par bribes, une ébauche de sourire, un regard une larme au coin de l'oeil, un geste familier, la forme d'une main, une démarche, une toux, qui nous reviennent au détour des journées.

 

Le courage d'avancer pour ceux qui restent, malgré les adieux de ceux qui s'éloignent sur le pont du navire.

 

Il est un temple hindou où le mot absence a été rayé de l'inscription rupestre car aucun mot ne peut exprimer ce vide....

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Gone to the dogs...

Gone to the dogs...

Gone to the cats...

Gone with the wind...

Gone down the drain...

Gone... gone... gone... for whom the bells toll... in my head...

Just one of these days or one of those days...

When nothing is easy....

Just feel like calling Erzulie...

To my rescue...

Or Baron Saturday to my doom.

Just one of these days

When nothing goes straight.

Humdrum in my head.

A thousand bumblebees....

Hush ! Hush !

Sweet music play on...

King piano and sweet clarinet, deep saxo

Rock me... rock me...

Swing me away from trouble...

Sweet pipes... play the untold on...

Play, play, pay on.. until my energy comes back, until I bury the untold..

And find some strength...

To carry on...

Sweet music... play me on to salvation.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Twilight

Why !

Twilight comes, at the end of each day.

Its darkness crawls at the end of a rainy day.

It slowly descends and dims daylight away, and before one realises, night has spread its aura over us.

It bursts in a glowing sunset before the ocean swallows the last spark of daylight.

No day chooses its twilight.

Twilight is the dimming of any soul, of any intelligence, into the deep slumber of night.

The brightest soul is glued into twilight before being swallowed by the depth of night.

My favourite time is dawn.

Midday comes next

but the way I hate twilight is in my guts because I fear these last seconds of light before nightfall.

I hate this melting pot threatening all of us deep into the night.

I hate disappearing into darkness

But what I loathe most

Is watching loved ones being trapped in twilight

and not being able to reverse the process of this whole devilish machinary.

I simply have one question.

God, where are you when the sun goes down for each and every single one of us ?

 

Pourquoi !

Le crépuscule descend au bout de chaque jour,

Son ombre rampe le soir d'un jour pluvieux

Doucement il descend et étouffe la lumière du jour et avant que l'on s'en rende compte il étend son aura sur nous tous.

Ou il éclate en un coucher de soleil flamboyant avant que l'océan n'engloutisse la dernière étincelle de jour.

Aucun jour ne choisit son crépuscule.

Il éteint toute âme, toute intelligence dans le grand sommeil de la nuit.

Je préfère de loin l'aube,

Puis midi

Mais ma haine du crépuscule est viscérale comme la peur de ces dernières secondes avant la tombée de la nuit

Je déteste disparaître dans les ténèbres,

mais ce que je hais le plus est d'assister, impuissante à l'engloutissement des personnes aimées par le crépuscule,

et de ne pas pouvoir renverser la vapeur de cette machine démoniaque.

Je n'ai qu'une question.

Dieu, où es-tu lorsque le crépuscule nous engloutit inexorablement, un a un ?

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

L'Anthurium

Un rai de soleil où danse une myriade de poussières descend sur la vasque vernie noir et auréole chacune des délicates fleurs d'un rose intangible, le feuillage s'étire gracieusement comme autant de mains tendues autour de cette lumière.

Bon anniversaire rayonne l'anthurium dans le coin de la baie vitrée du salon.

Nous n'avions pas trouvé à l'époque, l'idée de capturer par une photo ces instants éphémères.

Celui-ci reste profondément ancré dans ma mémoire et surgit systématiquement au détour des 28 juillets,

comme tous les pots de géranium des 28 juillets de mon enfance qui trônaient sur la table du déjeuner de La Rone.

Un gôut de champagne me revient avec la fraîcheur des bulles qui se précipitent et éclatent à la surface de la flûte aspergeant mon visage de gouttes de bonheur...

 Bon anniversaire.... bon anniversaire....

Un immense merci pour toutes les attentions qui ont jalonné toutes ces années, pour toutes les jolies cartes qui ont atterri, tels des papillons porteurs d'amour et de bonheur, dans ma boîte au lettre ou dans mes livres....

Longue vie aux anniversaires, aux Noëls, à toutes ces fêtes lumineuses...................

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Mon petit trait d'union

La nouvelle est tombée comme un pavé dans la mare. Le verdict a claqué comme un coup de fusil dans de cabinet aseptisé du vétérinaire.

Encore le crabe ! Silencieusement invasif, tu n'as plus aucune chance.

"Assurez-lui une fin de vie confortable..."

Après quatorze ans de chemin, ensemble, main dans la patte je dirais bien, mon petit chat, mon ami.

 Tu as vu grandir Julie, tu as connu la grande maison de Pauillac et tu m'as suivi dans mon exil sur la Côte Basque.

Je revois toutes les facettes de cette existence.

Les courses folles dans le jardin autour du puits avec le chien Césare, les longs instants de paresse sur le perron.

Ta première opération, lorsque Julie et moi, nous avions passé la nuit à la cuisine à te réconforter comme on pouvait.

Le signe de tête que tu me faisais, une sorte de clin d'oeil intelligent qui me disait que tu comprenais ce que je te racontais.

L'éclat de ton regard et ta petite frimousse réglisse-menthe.

Mon petit chat, mon compagnon, mon petit trait d'union avec ma vie d'avant, je pleure un fleuve avant de te récupérer ce soir.

Je sais que tu comprends tout et il s'agira de te faire bonne figure...jusqu'à ce que tu ailles rejoindre les autres ; Miou, Black Box, Mia, Aurion, Bibi, Kodakolor.. et tous les autres dans la Grande Prairie où je veux croire que les humains et les animaux se retrouvent, un jour, au milieu des fleurs champêtres et des papillons.

Noisette, alias Noitou, Noisinette, Noisetou, Zetou; Itou, mon petit animal, mon ami. Je veux croire à un au-delà de Dysney pour nous tous...

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

I had a dream....

Last night I had a dream...

I saw your grey travelling bag on the dining-room table and a huge brown paper bag full of left-over fresh bread you used to collect from the top class bakers.

The house was somehow different but you had come back, with both a desire of peace and forgiveness... who has to forgive.. noone remembers...

You were surprised to know I was no longer free and you asked why... you finally decided to leave and take with you my soul and a few memories...

You shed a tear when I told you about my mother and our little cat. You said the house would always be open for Mum as always.. to which I said : which house ? When, always ?  and I had no reply.

Shall I always be locked up in my memories, looking for dreams... to tell the Ocean about.. and his answer will roll on and splash on the beach... drops of white seawater from the wave crest.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Pensée indigo

Le bonheur n'est pas un état permanent.

Il y a des îles paradisiaques, clairsemées sur l'océan de la vie, certaines, parfois, lorsque l'on a de la chance, sont aussi étendues que l'Australie, de véritables continents.

Certains bonheurs vivent ce que durent les roses et passent en laissant derrière eux cette senteur délicate et surannée des fleurs séchées.

Il y a les feux de paille, brefs, éclatants et auréolés de chaleur.

Chaque bonheur doit être vécu intensément dans sa précarité.

Le malheur, lui,  est sombre et parsème lui aussi l'océan de la vie de ses terres volcaniques en ravageant tout sur le passage de ses coulées de lave meurtrières.

Entre les deux , les zones de dolldrums, où chaque jour se ressemble, quand rien ne se passe, lorsqu'aucun souffle d'air ne vient gonfler la voile...

Le marin, dans son hamac, rêve de son île...

mais le bonheur n'est pas un droit, ni un état permanent...

aucun commentaire - aucun rétrolien

Ma Bulle ou le Monde des Idées

Appelons-le Third Life ce monde épargné de l'horreur et de l'injustice du réel... hors des rouages inexorables du temps qui passe..

C'est un archipel multicolore où j'ai reconstruit mon foyer. Le toit d'ardoise brille de nouveau sous le soleil au milieu des vignes. Le chien et les chats s'y chauffent sur le perron..... les enfants jouent dans le jardin... la course aux sacs... la course à l'oeuf...Les notes du piano s'échappent de la porte grande ouverte... ça sent bon la viande grillée au barbecue et le vent murmure dans les érables.

Il y a mon Ile Afrique et toi dans ta chemise si blanche et ton corsaire kaki, tu as des grains de sable dans les cheveux et ton sourire éclipse le soleil... et moi en jeans et haut de coton blanc très peace and love, la brise marine dans les cheveux et ce geste, si symbolique du sable de la plage qui s'enfuit de mes doigts avec le bonheur de ce temps-là....

L'Ile Bubuashie avec Papa, Mama, la maison à l'ombre du manguier et les enfants... 

Mon Ile Lons où vivent les personnes chères, sans souffrance, comme avant. Papa dans son magasin au rez-de-chaussée, en blouse grise et en béret basque, jolie maman en train de sortir des petits habits pour les enfants de son univers encaustiqué, Tante Jeanne avec son chapeau et son cabas en route pour le marché du jeudi...Danielle, Cyprienne sur le chemin du lycée la tête bourdonnante de projets et de révisions pré- "baccalauréennes",  toutes époques confondues.... 

Je n'ai pas défait mes bagages depuis si longtemps et je me téléporte d'île en île pour revisiter le bonheur et ne pas en perdre une seule miette ... tenter de retenir les grains de sables.

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Le message du merle

Le soir descend sur le parallélipipède de l'immeuble Dekra. Sur l'antenne télé, mon ami le merle est perché et chante à gorge déployée... ses trilles montent à l'assaut des cumulo-nimbus et appellent le soleil. Soleil, soleil, en do majeur, en la en mi, en tous dièses et bémols confondus. La Saint Médard, la Saint Barnabé, chante le merle son appel au soleil... soleil... soleil...

Il en a fait un escalier de notes, rouges comme un tapis, juste pour te permettre de monter, monter là-haut dans la plus haute chambre in the upper room, where Jesus is...

Tu as la réponse à toutes les questions maintenant, le shintoisme,  la croyance des Juifs et des catholiques, le bouddhisme, plus rien ne t'es étranger de là où tu nous regardes....  

Finies les discussions animées, les celtes commes les basques se font humbles.........................à qui le tour ?

 Dis-moi, as-tu vu Baron Samedi dans son costume de Jazzman ? Est-ce lui qui t'a tendu sa grande main noire ? Est-ce lui qui m'a empêché de te dire qu'avec tes baskets, tu n'avais aucune chance ?

Alors, pour nous la vie continue, le collège, les conseils.............

Regarde et amuse-toi.......

Je pense que lorsque l'on arrive là-haut, tout ce que l'on peut faire c'est voir, dominer le passé, le présent et l'avenir... dans le silence de l'éternité.

 Les larmes et les regrets ne sont plus permis ni possible. C'est la plénitude du Grand Tout. N'est-ce pas ? J'ai raison ?

Je n'aurai pas de réponse mais si tu croises Gabriel au détour d'un nuage, sache que c'est un ami qui gagne à être connu et

qu'à défaut de Serbie, il saura te parler de nous, du monde d'en bas...

Voilà le message du merle sur son antenne de télévision à un ami parti trop tôt............. 

 

 

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Trauma

Il y a des événements soudains

des décisions immédiates qui doivent être prises et qui, d'une façon tout à fait anodine semblent la solution à tous les problèmes.

Mais avec le temps le petit déclic de la décision ou de l'action immédiate, tel une cellule cancéreuse, essaime. Et ce sont les regrets, les cauchemards, ce que Victor Hugo a appelé "l"oeil de Caïn", ronge la conscience et l'inconscience jusqu'à la folie.

C'est l'origine des fantômes, des lieux ou des personnes hantées...

La personne qui ne trouve aucun repos et qui hante sans trève les lieux de sa vie.....

Le mauvais rêve qui laisse trempé d'une sueur glacée sur la couche...

Les airs de musique qui arrachent des sanglots et qui font couler des larmes.

Les lieux hantés... définitivement hantés...... 

Toutes les légendes ont à l'origine un traumatisme...

Une vie anéantie par un choc...

Une sensibilité réduite à néant...

Juste quelques bulles d'oxygène pour maintenir à flot ce qui reste de "sanity".

Limbo, entre deux eaux,

Vers la surface et on croit à la guérison..

Un plongeon aux enfers et de nouveau l'espoir est enterré.

Jusqu'au coup de talon qui fait remonter à l'air libre.

Jusqu'à quand ? 

 

 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Le Chat Noir

J'intitule cette composition : Paris 2008


On y voit un couple de miséreux,

Les canettes, penché sur un petit chat noir, mais irlandais : "the black bog cat" ; une mouette symbolisant tous les oiseaux guettant les miettes : pigeons, piafs et les autres, le tout sous l'oeil jaune et indifférent du Chat Noir de Lautrec.
La bière est australienne.

L'auteur de la composition veut transmettre le message de l'internationalisation de Paris et de la misère que l'on ne peut ignorer.

L'auteur pourrait prétendre à une place au Musée Pompidou (pas au Louvre bien entendu).
 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Googlearth

Googlearth a matérialisé la disparition de La Lande Trintaudon de la surface de la terre.

Je retournais de temps en temps en pélerinage, sur l'allée en S. La voiture était garée devant la maison et le bus derrière, sous les érables, comme si le temps avait fait une pause sur Googlearth.

C'était un jour radieux et l'ombre de la maison et celles des arbres disaient : une heure de l'après-midi.

Lorque j'ai voulu tout revoir hier, je n'ai fait que survoler une parcelle anonyme, plantée de petits pieds de vigne en herbe.

Rasée la grande maison protectrice ; et le massacre n'a épargné aucun arbre : les sapinettes, les érables, les bouleaux, les petits buissons taillés... et les minuscules fruitiers, les figuiers de Fatie qui ne grandiront pas pour gâter les petits. 

Cette  parcelle rectangulaire m'est apparue couchée, comme une sépulture et j'ai eu envie d'y planter à une extrémité, une croix. Ci-gît ce qui ne sera plus, ce qui ne doit pas même survivre en souvenir.

Puis je t'ai vu, debout parmi les pieds de vigne, en habit traditionnel, dans tes sandales de cuir, un bâton de voyageur à la main, comme si tu me disais : "C'est là que nos chemins se sont séparés.. relève-toi, sèche tes larmes, prends ton baluchon et marche... avec les filles et les petits. Tu te souviens ? Kumasi... de vaillants petits soldats ! Sois for†e, comme tu l'as toujours été. You know we are survivors"

Alors je t'ai regardé une dernière fois, tu as mis ton sac sur tes épaules, tu m'as fait un clin d'oeil et tu as tourné les talons.

Mes yeux sont secs, je me suis relevée. Je ferai comme tu me l'as dit.

Je raye l'ancienne adresse sur Googlearth 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Vacuum, vortex... whatever

How I miss you, the four of you !

I miss the routine we used to have..

I miss these busy evenings...

I miss your sweet baby talks.....

I miss my busy life.

Sweet sweet Sake, take the blues away from my soul

Take the blues away..........

There is no cure for the summertime blues . 

aucun commentaire - aucun rétrolien

Aimé Césaire

Aimé Césaire, poète de la Négritude, architecte de la langue française ! "L'élève a dépassé le maître" (tiré des Ripoux)

Toi, enfermé dans une crypte grisâtre mais glorieuse du Panthéon, c'est l'histoire de la cellule de Toussaint Louverture au Chateau de Joux, boîte de pierre brute, dans un environnement glacial et gris, sans un rayon de soleil, avec pour toi bien sûr, la Gloire...

Comment peut-on imaginer te priver de ta terre ?

Je sais que tu veux être inhumé en Martinique, sur cette île chère à ton coeur, auprès de tes proches, famille et amis.

Qu'une plaque de marbre aux lettres dorées proclame ta gloire au Panthéon ! Que tous la lisent et se disent : oui ! Aimé Césaire est là ! Il y a sa place !

Mais que tes os blanchissent paisiblement en Martinique et se mêlent à ta terre. Que personne ne frissonne à la pensée de te savoir, pour l'éternité, corps et biens au Panthéon.

Décideurs, lisez ces lignes avec votre coeur et comprenez !

Laissez Aimé Césaire reposer en paix chez lui, parmi les siens ! 

aucun commentaire - aucun rétrolien

The bark of the lemon tree

10th May 1983

is a date to remember.

It has been engraved in the bark of the lemon tree

It has been marked in my soul.

Little white car,

Starry starry night...

You will always be on my mind...

These bygone tunes echo in me in a jumble of notes, never put together again.

The melody is there not making any sense of it all.

Have you really existed ?

Have we really been ?

Or have we met on the bus of life between two stops... ?

You came in your leather sandals, your shirt was a dazzling white...

You, man child of the West Coast 

You got down in a long black overcoat, clinging to a black attache-case...

You were going to bury our very lives, our very souls

That I had stabbed without thinking or thinking too much,

in anger and frustration.

However, 

the epitaph remains, eternally engraved

in our souls and 

in the bark of the lemon tree :

10th May 1983 

aucun commentaire - aucun rétrolien

1 2 3 4 5 6 | Page suivante