Mardi 1 Aout 2006
Ananse
Par Donibane, Mardi 1 Aout 2006 à 22:56 GMT+2 dans Divers
Un jour Ananse rencontra trois lézards qui se prélassaient sur une pierre chaude près de son trou.
Ces lézards étaient très fiers.
C'étaient des margouillats.
Great Agamas.
Ils étaient très beaux : orange noirs et verts et se pavanaient dans leurs costumes.
Alors Ananse, qui allumait le feu sous un gros chaudron les salua et leur demanda. - Eh Agamas, je prépare un jeu. C'est très amusant. Voulez-vous m'aider ? Les lézards réfléchirent, hochèrent la tête, se concertèrent et dirent : - D'accord Ananse, en plus, on s'ennuie à ne rien faire sur sur cette pierre.
- Regardez, dit alors Ananse, je monte le premier dans l'eau, fermez le couvercle et lorsque je crie 'Agama', vous ouvrez la marmite et vous me sortez de l'eau. Après, ce sera à votre tour.
- D'accord opinèrent en choeur les lézards.
Au bout d'une minute, Ananse cria très fort 'Agama!', le plus fort des trois compères lui tendit une patte et le tira du bain.
-A vous maintenant !
Et les lézards de sauter, hardi petit, dans la marmite.
Ananse ferma le couvercle, et, au bout de deux minutes, il entendit 'Agama!'
-Eh ! Pas encore, ce n'est pas le moment de crier !
-Agama !
-Pas encore ! Ce n'est pas le moment !
-Agama! Agama! hurrlaient les lézards qui commençaient à avoir bien chaud...
Ananse racommodait tranquillement un coin de sa toile et, lorsqu'il n'entendit plus rien et que la vapeur commença à s'échapper par le couvercle de la marmite, il l'ouvrit pour constater que les lézards étaient à point.
- Kofi, apporte le piment !
Et Ananse s'assit pour partager ce bon repas avec son cousin qui était arrivé la veille du village voisin....
Si un jour vous rencontrez Ananse sur votre route, même après mûre réflexion, n'acceptez jamais ses propositions.....ne rentrez jamais dans ses jeux.... -





Erzulie, toi qui me protèges, que le Baron Samedi de vienne me chercher dans mon sommeil. Je ne veux pas l'attendre, je ne veux pas le savoir, je ne veux pas dire au revoir ni adieu. Qu'il vienne la nuit, je ne veux pas me préparer. Son heure sera la mienne lorsqu'il me tendra la main, dans son costume de Jazzman. je connais par ceur le sentiment de désolation qu'apporte sa visite et j'entends le vent hululer sur la Lande. Je n'ai pas peur, alors, qu'il n'oublie pas la musique, la douce clarinette de Moon River, du ragtime, Scott Joplin sur un C7 yamaha, le Requiem de Mozart, tous les alleluias du monde et surtout dans le lointain, les Big Drums. Au moins si je n'ai pas le choix, que je parte "in style". Je veux pouvoir lui tendre la main et chercher dans la cohorte des âmes qui l'accompagne des regards chers.
Je suis à la recherche de l'éternité dans le souvenir, peut-on retrouver ce qui n'est plus ?
Qui sui-je, Erzulie pour dicter mes volontés au Baron Samedi ? Un grain de sable de la plage ?
Personne n'échappe à sa grande main tendue.
Mais quand pour moi le vent de la lande se lévera, je ne veux pas être de noir vêtue, apprêtée. Je le suivrai dans mon boubou africain étonnée et sans crainte.


