Donibane

Le hurlement du loup

Je veux m'asseoir et hurler.

Là où je me trouve,

Hurler à la lune pleine comme le loTITRE_IMAGEup au fond des bois

Hurler au désert comme le coyote sur son promontoire,

Hurler à la ville comme le pauvre chien, la tête levée, auprès du carton de son maître.

Je veux hurler ma douleur jusqu'à la lune pleine,

Je veux hurler l'oubli de ce qui a été
Je veux hurler mon âme jusqu'à sa non existence.


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Là où passe la lumière

La silhouette de l'église se profile en haut de la colline et protège les maisons du village qui l'entoure, la grande rue commerçante comme une mère poule veille sur sa couvée. A sa droite, le parc , les balançoires qui déroutent les touts-petits de sa fraîcheur, tout contre son aile de brique, le petit groupe de défunts dont les stèles éparses dans l'herbe, témoignent et à ses pieds la vie.
Il existe une église dans un petit village de l'Essex où règne la présence de Dieu. L'autorité bienveillante du Révérend Patrick rassure et ce jour là, un enfant a été baptisé dans la lumière et dans la joie. Toutes les croyances, les nationalités étaient représentées dans cette église. Toutes les couleurs de peau, tous les âges. Toutes les couches de la société. Dieu était présent ce jour-là tant ses préceptes d'amour, de tolérance avaient été respectés.
TITRE_IMAGE Puis, dans la petite maison, ce fut la réunion des invités, des amis-soleils. Je tenait le bras de Poutou qui avait des chaussures rouges aux talons si hauts, si hauts qui lui donnaient la démarche délicate d'un oiseau des marais et son rire cristallin résonnait sur le chemin. Chaussures, parlons de chaussures. Certaines personnes avaient trahi la bride des leurs, histoire de marcher plus vite vers le lieu où tous étaient attendus.

Les conversations allaient bon train sur le chemin de la maison et les rires joyeux fusaient.
Ce jour-là, la petite demeure de brique était pimpante dans le soleil et les invités s'égayèrent dans le jardin. Les grands-parents d'Anthony étaient présents et dominaient la cérémonie de leurs fauteuils tutélaires. Je parle des grands-parents paternels d'Anthony. Sa grand-mère maternelle, présence bienveillante du jardin, bonne fée-soleil n'ayant pas encore acquis l'expérience qui lui permettrait d'occuper une chaise curule, voletait autour des petits et des grands, dispensant une bonne parole par-ci, volant une bribe de conversation par-là, tandis que son compagnon l'elfe de jardin, armé de son camescope volait les images à la pelle.
Zoom sur la fée Julie, la bonne fée, la Marraine qui parsemait la cuisine, la salle à manger et le jardin de ses étoiles magiques, une larme de sourire, un soupçon de mot gentil, une pincée de bisous à Anthony et surtout de la chaleur.....

Les deux autres bonnes fées Marraines de la réception n'étaient pas en reste, Paula, pétillante et Yessica, fée-soleil du Mexique.


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Enfants-soleils

Lalie-soleil, le bleu de l'horizon et la mer étale.

Nanou-soleil, la fraîcheur des frondaisons et la cabane du trappeur au bord du lac

Julie-soleil aux couleurs de la musique, aux couleurs du reggae,

Anthony, soleil, soleil, fils du soleil.....

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La voix de Jimini

Je déteste le conformisme et sa rigidité.
Agir pour rentrer dans un moule, dans le moule...
Je hais les tailleurs, les coupes et mises en pli coiffeur, les sacs Hermès, les imperméables burberry et les écharpes assorties, au diable les coordonnés.
Le crème, le beige et le marron m'insupportent dans leur fadeur. Dans la gamme lugubre, je préfère le noir obscur, ou plus modéré, le gris souris ou le blanc lumineux aux deux visages.

En règle générale, vive les doux pastels et toutes les couleurs éclatantes de l'Arc-en-Ciel avec une tendresse spéciale pour l'Indigo.

Et par dessus tout me hérisse la question existentielle sans laquelle rien ne fonctionne : mais que vont penser les Dupont- Duchnock ?


Je préfère de beaucoup l'opinion de Jimini le cricket, perché en permanence sur mon épaule, comme sur celle de Pinocchio.

Mais Jimini est intransigeant et rarement satisfait.
Je suis en paix quand Jimini me dit comme disent les Gahs à Accra "Obomode !" "Tu as essayé !"


Le problème est qu'il faut que je retrouve la force de vouloir "essayer".TITRE_IMAGE

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9 août ou Nagasaki

Mon double est enterré sur la lande.
Parmi les pieds de vigne du Médoc
Sous quelques graviers, débris de la maison détruite.
Ci-gît une entité admirable, constructive mais ravagée de chagrin et de solitude.
Entre les pieds de vignes reste un éclat de miroir,
Que son sourire avait planté, sous d'autres cieux, dans son coeur.
Il y a vingt ans déjà.

Luit, scintille petit éclat, sous le soleil, entre les pieds de vigne.
Minuscule éternité de lumière.
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Ananse

Ecoute Julie, écoute Anthony, écoutez, encore une histoire d'Ananse.

Un jour Ananse rencontra trois lézards qui se prélassaient sur une pierre chaude près de son trou.

Ces lézards étaient très fiers.

C'étaient des margouillats.

Great Agamas.

Ils étaient très beaux : orange noirs et verts et se pavanaient dans leurs costumes.

Alors Ananse, qui allumait le feu sous un gros chaudron les salua et leur demanda. - Eh Agamas, je prépare un jeu. C'est très amusant. Voulez-vous m'aider ? Les lézards réfléchirent, hochèrent la tête, se concertèrent et dirent : - D'accord Ananse, en plus, on s'ennuie à ne rien faire sur sur cette pierre.

- Regardez, dit alors Ananse, je monte le premier dans l'eau, fermez le couvercle et lorsque je crie 'Agama', vous ouvrez la marmite et vous me sortez de l'eau. Après, ce sera à votre tour.

- D'accord opinèrent en choeur les lézards.

Au bout d'une minute, Ananse cria très fort 'Agama!', le plus fort des trois compères lui tendit une patte et le tira du bain.

-A vous maintenant !

Et les lézards de sauter, hardi petit, dans la marmite.

Ananse ferma le couvercle, et, au bout de deux minutes, il entendit 'Agama!'


-Eh ! Pas encore, ce n'est pas le moment de crier !

-Agama !

-Pas encore ! Ce n'est pas le moment !

-Agama! Agama! hurrlaient les lézards qui commençaient à avoir bien chaud...

Ananse racommodait tranquillement un coin de sa toile et, lorsqu'il n'entendit plus rien et que la vapeur commença à s'échapper par le couvercle de la marmite, il l'ouvrit pour constater que les lézards étaient à point.

- Kofi, apporte le piment !
Et Ananse s'assit pour partager ce bon repas avec son cousin qui était arrivé la veille du village voisin....

Si un jour vous rencontrez Ananse sur votre route, même après mûre réflexion, n'acceptez jamais ses propositions.....ne rentrez jamais dans ses jeux.... -TITRE_IMAGE

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Vivante Afrique

- Le loup qui se cache sous la toison de l'agneau ne tarde pas à avoir trop chaud et à montrer le bout de son nez

- Quand les éléphants se battent, c'est l'herbe qui souffre.

- La main gauche lave la main droite et vice versa.

- Certains donnent de la main droite et gardent la main gauche tendue.

- La chèvre qui va s'ébattre dans le compound du voisin ne doit pas se plaindre de recevoir du baton.

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Julie et la Corrida

Elle m'a raconté
Et j'ai assisté à la Corrida.

Les gradins croulaient de monde sous un soleil d'or et une avalanche de blanc, de noir et de rouge.
La musique éclatait partout, et les cris de la foule en liesse inondaient l'arène.

Puis, en l'espace d'un éclair au centre du cercle d'or, sa silhouette sombre se dressa, royale, surgie de nulle part : El Toro.

Magnifique.

C'est alors que commença la danse des banderilleros, sur leurs montures carapaçonnées, d'un autre âge.
Immobile, au centre de l'arène, El Toro reçut le choc de la première banderille.
Et le sang coula de la blessure sur la robe foncée de l'animal, étonné....
Et des bras assurés fichèrent d'autres traits sur le dos puissant du taureau qui tournait, grattait de son sabot nerveux l'or de l'arène et se préparait à répondre à l'audace de ses assaillants.

C'est alors que glissa au centre du cercle, dans son habit de lumière, la tête orgueilleusement dressée, dans le tourbillon écarlate de la muleta : le torero.

Il avait la grâce altière d'un danseur classique et la provocation sauvage d'un fauve. Son visage hispanique aux traits réguliers était d'une grande beauté, sévère et sombre comme celui d'un ange maléfique.

En arrêt, les reins cambrés, il offrait à la foule en délire le spectacle de sa superbe.
Et virevoltait l'éclair rouge de la muleta dans la certitude de l'estocade finale.
Les décibels montaient répercutant l'excitation de la foule hors d'elle.

Les noires cornes de la bête ne faisaient pas le poids et les zèbrures rouges de son dos annonçaient la fin.

C'est alors que, couvrant la clameur ambiante, j'ai entendu la plainte du taureau.
C'était un cri de frayeur de douleur et de détresse, humain.
Le même écho que celui de la voix du soldat mourant sur la plage d'Omaha en juin 44. Un râle qui demandait pourquoi, qui implorait la pitié.

C'est alors que j'ai vu que le visage parfait du matador resterait impénétrable.
Il n'avait pas de regard mais deux orbites immenses et vides.
C'est alors que la liesse de la foule s'est muée en rage implacable. Les visages déformés et les bouches béantes hurlaient la haine et criaient la mort.
L'animal interdit, hébété, ne comprenait qu'une chose. La tête baissée, les cornes touchant presque le sol où s'élargissaient les gouttes écarlates d'une dernière pluie sur l'or de l'arène, il attendait l'estocade de l'archange.
Et plus fort que tout, grandissait en lui un gigantesque et humain : Pourquoi ?

Elle est sortie des arènes dès les premières banderilles et je ne pourrai pas terminer ce récit.
Comment peut-on aimer les corridas ?



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Juju music

J'ai besoin d'entendre les "big voodoo drums". Je pense à l'Afrique de l'Ouest, aux lumineux flamboyants, aux roses, mauves et violets des bougainvilliers. Je pense au rythme des pistons, Une main noire tourne le fu-fu en cadence.

Dans l'air flottent le parfum des fleurs et des épices..
Les voix et les bruits.
Je suis de l'autre côté de l'Atlantique.
Ce sont des chants de marins, des marins de la Côte Ouest :
I am a sea boy, If I die tomorrow, mami Wata will bury me.
T.O. Jazz, Koo Nimo, Kwaa Mensah.. des paroles emportées sur le rythme des percussions.

When you are a newborn they put water on your tongue so that your 'yes' will be 'yes' and your 'no' will be 'no'. It goes on in Twi.
Afrique de l'Ouest Ghana, terre des Gahs, des Ashantis, des Fantis, des Anlos et de tant d'autres.
Terre de musique et de culture.

Highlife, Juju music.

C'était il y bien longtemps, sur la veranda d'odoom qui resemblait au pont d'un navire. enveloppée dans une étoffe de contonnade, je berçais la nuit sur mon rocking chair, la lune était pleine et le son des tambours du village voisin chevauchait le vent jusqu'à la maison... comment s'appelait ce village ?.....La voiture le traversait et envoyait à sa suite des tourbillons de poussière rouge.. Il faisait si chaud que l'on ne voyait âme qui vive à midi si ce n'étaient quelques chèvres qui prenaient le frais de la frondaison du vieux flamboyant en se frottant l'échine sur son tronc tutélaire. Le soir des anciens de blanc vêtus y palabraient ou jouaient aux petits cheveaux.

Oui, le nom du village, c'était..... je ne sais plus.... quelque chose comme Madina, Kokomlemle... quelque chose qui ressemblait à des notes de musique. TITRE_IMAGE

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Canicule

Et voici que se lève le vent du sud, qui fait vibrer les ondes qui montent de la route comme les champs de blé de Van Gogh. Grésillement de jaune et de bleu... friture d'un jour de canicule.
Dans la gangue d'une chrysalide de chaleur... je me prépare une journée de caméléon sur sa branche. Oscillation pendulaire entre le jaune, le vert, le marron des feuillages.

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When Suzannah cries.....

When Suzannah cries, she cries rivers...
She cries over her lost dad, her ageing mum.
She cries over her scattered children
She cries over her lost love
And her spilled life....
Under the rubble
She has cried all the rivers...
She has cried the seas and the oceans
She has cried her tears dry.
And she sits on the pier
Listening to the lullaby
of the waves, rolling away
The ocean breeze gently brushes past her face
The shrill greeting of a screeching seagull
And a friendly wink of these little white houses clinging to the hillside.
Softly sing the power of Life.TITRE_IMAGE

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Allo t'es où ?

Allo t'es où ? La question de la pub... elle résume tout. Allo t'es où ? Les distances sont annihilées, pulvérisées... et partout pour te joindre la petite musique du portable qui te dis que quelqu'un quelque part va te poser la question :
- Allo t'es où ?... et qu'il va falloir répondre. As-tu envie de répondre ? Liberté d'éteindre, d'arrêter la petite musique.. mais tu l'entends toujours Liberté t'es où ?
L'instrument infernal le portable, l'infertable qui te poursuis...
Parfois il est muet.
Et tu souhaites que résonne sur le coin de la table la petite musique.
Quelqu'un, quelque part, qui va te poser la question ;
Allo t'es où ?
Portable, je crois que la poubelle t'ouvre son sac.
L'esclavage moderne a un écran et des touches... ordinateur, es-tu prêt à prendre aussi le chemin de la décharge ?TITRE_IMAGE

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Le jeu

A quel jeu joue-t-on ?
La vie est dure.
Partout règnent la violence, les affrontements, la mauvaise foi et cette trinité s'insinue au coeur de la jeunesse. Survivre à ce prix.
Etre de Gauche, être de Droite.
Faux problème alors que l'humanité doit se serrer les coudes pour en résoudre d'autres, bien présents, matériels, existentiels etc...
Recours à la justice, quelle justice alors que tout n'est qu'un jeu, le jeu du plus malin, du plus roué, de celui qui anéantira l'autre.
le retour aux valeurs premières, honnêteté, travail, conscience personnelle et professionelle ne tente plus personne dans cette civilisation de l'"avoir envie", de la satisfaction immédiate des besoins à tout prix.
Je refuse le jeu, je me fais grignoter, avaler.TITRE_IMAGE

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Hiroshima

L'effet Hiroshima
Après le big bang, le grand souffle......on se retrouve décalqué en négatif...
Il faut rassembler les ruines et reconstruire sur les cendres.
Je ne pensais pas que ce serait si long, si difficile.
Je me déplace parmis les vestiges calcinés et je recherche des survivants, des animaux ou des objets. Le moindre détail est prétexte à reconstruction.
Le sentiment de la routine accomplie, L'accueil des proches, Et toi mon ami à qui je ne demanderai rien
Car c'est un travail de survie que je dois accomplir, seule.
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Le balafon

Il était assis sur la plus haute étagère de la vitrine du salon.
Il portait un habit traditionnel de terre cuite et un bonnet pointu de lutin coiffait sa tête , démesurée par rapport à son corps.
Il était assis en tailleur derrière son instrument et il jouait, et il chantait.....
Il a chanté ainsi au salon pendant vingt ans, sa ballade de terre cuite que j'étais seule à entendre.
Je n'ai jamais mesuré l'attachement que j'éprouvais pour cette statuette et aujourd'hui, il me manque....
J'ai dû le laisser avec d'autres objets. Je l'avais mis sur le bureau en espérant qu'on l'emmenerait..
Mais où est-il maintenant ?
Chante-t il encore parmis les immondices d'une décharge ?
A-t-il été broyé dans l'écroulement de la maison ?
Ou poursuit-il sa complainte silencieuse... sur un autre meuble... dans un autre salon ou une chambre ?
Petit musicien de terre cuite. J'aurais du t'emmener car tu me manques.
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